Le temps Lyapunov

Par exemple, trois personnes sont en train de boire. Jusqu’à un certain moment, leur comportement est très prévisible : ils discutent de connaissances, d’amis, de problèmes personnels, de sport, de femmes, de politique. Progressivement, à mesure que le niveau d’ivresse s’accroît, des « bruits » (c’est ainsi que la physique moderne nomme les interférences secondaires dans le flux du processus) commence à s’insinuer dans la conversation. Ces « bruits » peuvent s’exprimer par ce que certains passages sont répétés plusieurs fois par les gens ivres, les conditions psychologiques deviennent tendues, des arguments et des conflits surgissent, l’atmosphère générale se tend. A un certain moment, les conditions atteignent le point de divergence (c’est un terme-clé dans la « théorie de la catastrophe » du physicien bien connu René Tom). Cela signifie que la logique de comportement du trio ivre dans son ensemble et de chacun de ses membres séparément, peut arbitrairement prendre une trajectoire parmi deux de probabilité égale. Par exemple, deux d’entre eux vont dormir, et le troisième rentre à la maison. Ou l’un en attaque un autre à coups de poings, pendant que le troisième tente de les calmer. Ou tous les trois vont dans la rue et se bagarrent avec des passants pour des broutilles. Ou tous se séparent tranquillement et rentrent dans leur famille avec une conscience coupable.

L'Eurasie au dessus de tout

Dans notre société russe [Rossiski, faisant référence à la citoyenneté de la Fédération Russe, NDT] – particulièrement dans la sphère sociale et politique – au début du nouveau millénaire, une déficience d’idée se fait douloureusement sentir. La majorité des gens – y compris les gouverneurs, les politiciens, les scientifiques, les travailleurs – sont guidés dans leur vie et dans leurs choix politiques par un ensemble de facteurs momentanés, de préoccupations fortuites, d’appels éphémères et transitoires. Nous perdons rapidement toute représentation générale concernant le sens de la vie, la logique de l’histoire, les problèmes de l’homme, le destin du monde. Les choix existentiels et sociaux ont été remplacés par la publicité agressive. A la place d’une idéologie politique responsable et signifiante il y a quelques public relations efficaces (ou inefficaces). Le résultat du combat des idées est décidé par le volume des investissements en publicité. Les dramatiques chocs entre les peuples, les cultures et les religions sont transformés en spectacles inspirés par les sociétés multinationales et les trusts pétroliers. Le sang humain, la vie humaine, l’esprit humain sont devenus des abstractions statistiques, au mieux des objets de consommation – des figures de rhétorique démagogiques avec des lamentations humanitaires mielleuses et ambiguës dissimulant un double jeu.

La théorie de l'Etat eurasien, Essai sur Nikolaï Nikolaiévitch Alekseiev

Le nom de Nikolaï Nikolaiévitch Alekseiev n’est pas toujours mentionné dans la liste des principales figures eurasistes. C’est une erreur ennuyeuse, contrastant fortement avec la dimension et la profondeur de ce penseur, avec l’importance de ses travaux et concepts pour toute la vision-du-monde eurasiste. Les noms de Karsavin (un penseur assez ordinaire) ou de Suvchinsky (qui dans l’ensemble est plus important pour son appui financier au mouvement que pour ses écrits médiocres) apparaissent en tête de la liste eurasiste, alors qu’Alekseiev vient plus bas, étant parfois simplement oublié. En réalité, il peut être inclus à juste titre dans le trio des auteurs eurasistes les plus intéressants, les plus originaux et les plus profonds.

Le secret de l’eurasie, la clef de l’histoire cachee et des evenements mondiaux

Les sociétés secrètes et les confréries occultes ont-elles été actives derrière la scène des événements mondiaux depuis des milliers d’années ? Ces gardiens de la sagesse secrète déterminent-ils les progrès de la conscience humaine et influencent-ils le destin des nations ? Des maîtres cachés de la connaissance occulte animent-ils et infiltrent-ils certains mouvements politiques, culturels, spirituels et économiques, selon un plan ancien ? Se pourrait-il que les grandes avancées, guerres, et révolutions, de l’homme, ainsi que ses découvertes marquantes dans la science, la littérature, la philosophie et les arts, soient le résultat d’une « main cachée » ? Pouvons-nous décoder l’Histoire et trouver la mystérieuse interface entre la politique et l’occultisme, découvrant ainsi les véritables animateurs et agitateurs de notre monde moderne ?

Premiers signes de l'apocalypse

Ce qui est arrivé aux USA le 11 septembre 2001 ouvre une nouvelle page dans l’histoire du monde. Comme cela fut le cas avec le coup de feu de Gavrilo Princip à Sarajevo, ou l’intervention des troupes nazies en Tchécoslovaquie, ici l’humanité quitte à nouveau la route, qui il y a peu de temps semblait si droite.

Aujourd’hui, comme jamais auparavant, il est important de comprendre ce qui s’est passé exactement.

En mettant de coté l’aspect humanitaire, il est nécessaire de comprendre la nature réelle des choses. Nous nous sommes réveillés dans un monde complètement différent.

La Terre verte - l'Amérique

Les hypothèses sur la découverte de l’Amérique par le Vieux Monde longtemps avant le voyage de Christophe Colomb deviennent de plus en plus populaires aujourd’hui. Il est presque prouvé que les Vikings scandinaves visitèrent l’Amérique du Nord sur leurs navires – des inscriptions runiques se trouvent partout sur la côte orientale du Canada, au Labrador, sur l’île de Terre-Neuve, etc. Il y a des théories assez argumentées du chercheur Jacques de Mahieu concernant les contacts entre la civilisation inca et ces mêmes Vikings. Il existe en outre d’autres versions affirmant que l’Europe aurait toujours connu l’existence du continent américain, et que cette information n’aurait pas été divulguée seulement pour des raisons bien précises d’ordre sacré. Mais le plus grand intérêt sous ce rapport est représenté par l’histoire énigmatique de la carte de Muhiddin Piri Reis, sur laquelle nous nous arrêterons plus en détail.

Parvulesco, Douguine et l'empire eurasiatique

Dans son journal-roman Le Sentier perdu, publié en 2010, entre les analyses politiques sur l'Inde,Sept ans au Tibet de Jean-Jacques Annaud, les Mémoires de Leni Riefensthal, le canular antimaçonnique Diana Vaughan ou sa dernière rencontre avec Ava Gardner, à Barcelone, en 1963 ("Ava, couverte de sueur, les cheveux dans les yeux, dépoitraillée, les lèvres peintes d'un rouge foncé, presque noir, les yeux scintillants comme deux diamants aux feux sombres, paraissait en proie à une excitation fiévreuse"), Jean Parvulesco, écrivain d'extrême avant-garde, cite in extenso l'article de Reinhardt Jünger-Meinert sur une émission de Radio Moscou d'Alexandre Douguine consacrée, justement, à Jean Parvulesco lui-même et sa géopolitique grand-européenne. Lecture essentielle pour la compréhension du concept d'empire eurasiatique, en 1997 (il y a 14 ans !) .

Avez-vous lu Douguine ?

La question de la temporalité est évidemment cruciale, lorsqu’il s’agit de penser. Il arrive que des œuvres pourrissent en mûrissant. Je relisais dernièrement quelques bouquins d’Alexandre Zinoviev, et je m’étonnais qu’ils fussent si anachroniques, si peu en phase avec ce qu’était devenu le monde depuis 1989, et, faut-il le dire, si illisibles. Les discours sur la réalité, si l’on dissipe les fumets de la mode et des emballements du moment, pâtissent cruellement de la dérive des choses, fût-elle minime. Soudain, c’est une fissure, parfois un abîme, qui les séparent de l’expérience collective ou individuelle, et ils deviennent alors des bavardages, des vapeurs.

Quel est donc le défaut heuristique des écrits de Zinoviev, de tous les dissidents qui s’opposaient à l’empire soviétique, et, plus généralement, de ceux qui étaient plongés dans cette gigantomachie mondiale, mettant en prise les tenants des première et deuxième théories, selon la classification métapolitique d’Alexandre Douguine, c’est-à-dire le libéralisme et le marxisme ? Comment des vérités de l’heure, bien qu’elles ne soient pas devenues pour autant des mensonges, constituent-elles néanmoins des erreurs épistémologiques ?

Le Japon est mort (sauf en nos cœurs)

Lorsque les premières poteries Jômon virent le jour, la civilisation de Mû existait déjà depuis quelques milliers d’années. La pyramide sous-marine de Yunaguni est aujourd’hui un des plus merveilleux témoins de cette civilisation, laquelle s’épanouit pleinement durant l’Age d’Argent, c’est-à-dire au moment même où le Cro-Magnon s’installait en Europe. Tout le décalage historique entre l’Est et l’Ouest provient de ce que le Paradis primordial (le Pôle Nord) est resté ancré dans l’imaginaire nippon durant beaucoup plus longtemps qu’à l’ouest de l’Oural, où la Chute fut plus durement ressentie du fait de la disparition brutale du Néandertalien. Alors que la Chine et l’Inde résultent d’un mélange racial entre, d’une part certaines colonies atlantes indo-européennes (Tokhariens pour la première et Aryens pour la seconde), et d’autre part certaines colonies lémuriennes issues du plateau du Sahul (peuples yue pour la première et australo-dravidiens pour la seconde), le Japon est le seul pays à ne jamais avoir connu d’atlantes sur son sol. Ainsi, c’est un mélange entre Hyperboréens (Jômons, Aïnus) et Lémuriens (royaume de Ryûkyû, Kyûshû) qui donna à ce pays sa spécificité radicale, et notamment cette permanence du nomadisme métaphysique.

Panorama de la "Révolution Conservatrice" en Russie

Mais les précurseurs les plus directs de la RC russe sont les slavophiles du XIXième siècle. Ce courant a fortement influencé toute la vie intellectuelle russe au cours de ces deux derniers siècles. Mais, contrairement à ce qu'on pense trop souvent, le courant slavophile n'a pas toujours été uniquement conservateur, patriarcal, archaïsant et réactionnaire. Comme presque toujours dans l'histoire russe ‹et j'oserais même dire dans presque toute l'histoire de la pensée contre-révolutionnaire‹ les intellectuels les plus radicaux de la Droite ont subi une évolution très particulière avant de devenir radicalement con-servateurs: ils ont très souvent commencé leur trajectoire par le pôle opposé, par le modernisme, le pro-gressisme et l'idéal révolutionnaire. Les premiers slavophiles ‹ceux dits de la première génération,  comme A. Chomyakov, P. Kirievsky et les frères Aksakov, etc., sont tous passés par les idées de la ré-volution française. Mais ils ont perdu les illusions de leur jeunesse et ont exalté les valeurs radicalement anti-révolutionnaires, celles du sol, celles du peuple compris cette fois comme unité organique, qualita-tive, historique, celles de l'identité spirituelle et géopolitique de la Russie, celles de l'identité religieuse et impériale de cet immense pays. 

Alain de Benoîst sur La Quatrième Theorie Politique (Moscou 2008)

La Quatrième Théorie Politique ?

C'est un concept qui englobe le refus des théories libérales, démocratiques, capitalistes, globalistes et (post) modernistes. Pour Douguine les théories anti-libérales de jadis (fascisme et socialisme) ne font plus le poids. Il faut, dès lors, retenir de ces dernières leurs côtés positifs, l'anti-libéralisme et l'anti-capitalime certes, mais aussi la justice, la solidarité sociale, et rejeter le matérialisme athée, moraliste et individualiste.
De même, rejet de tout racisme, xénophobie et chauvinisme national. Il n'y a pas de supériorité d'une race sur une autre. Les ethnies, les races sont différentes et s'expriment d'une manière qui l'est autant. L'humanité est pareille à un orchestre symphonique avec des cordes, des bois, des percussions, des cuivres etc... qui tous, depuis leurs pupitres concourent à l'harmonie de l'ensemble.

EURASISME - Alternative à l'hégémonie libérale

En effet, le projet Eurasiste vise à constituer une alternative sérieuse à l'hégémonie libérale et au monde unipolaire qu'elle entend imposer. Alexandre Douguine y défend une conception multipolaire du monde, c'est-à-dire le monde comme ensemble de grands espaces possédant leurs systèmes de valeurs particuliers. Dans son dernier livre La Quatrième Théorie Politique, il insiste aussi sur la nécessité de se dégager des idéologies politiques des deux derniers siècles et notamment des deux idéologies, communiste et fasciste, qui ont échoué dans leur lutte contre le libéralisme parce qu'abritant des éléments inacceptables et étant elles-mêmes trop enracinées dans la modernité.

La parole d'Alexandre Douguine est donc un hymne à la vraie diversité, à la vraie différence, celle s'appuyant sur un Etre Multiple et authentique et non pas sur les différentiels construits par un Marché fantasmant la construction de l'Etre Unique. Elle est également un appel à la créativité et à l'intelligence. En effet, la Quatrième Théorie politique n'est pas un dogme, c'est une invitation à imaginer quelque chose de complètement nouveau, à créer une théorie politique qui soit résolument anti-moderne et donc anti-libérale sans pour autant qu'elle se réfère aux idéologies du passé ni qu'elle s'inscrive dans des luttes obsolètes.

L’eurasisme, dans sa version originelle, insiste sur la pluralité des cultures

L’approche eurasiste consiste dans la pluralité des civilisations, une pluralité librement ressentie. Beaucoup de gens se rendent compte qu’une société ne ressemble pas à une autre, qu’un peuple ne ressemble pas à un autre. C’est une chose presque évidente. Mais du point de vue de l’eurasisme, ces différences sont une bonne chose. Autrement dit, nous avons une approche structuraliste, nous suivons ici Levi-Strauss, et nous pensons que tout système ethnique, toute culture crée son langage, son modèle de valeurs, son modèle social qui correspondent à son chemin historique et à ses particularités. Et ses modèles ne peuvent pas être comparées entre eux, ils n’ont pas de mesure commune, ils sont incommensurables. On ne peut pas le mesurer, car il n’y a pas de critère pour cela. En passant d’un contexte à un autre, la conscience, y compris la conscience politique et sociale se modifie tellement que les points de repère du groupe de référence disparaissent, puisque ces structures de langage sont autosuffisantes, partiellement ouvertes, mais on ne peut pas faire de lien, de transfert, de traduction directe.

Ca, c’est le premier point. Maintenant le second. Nous considérons, contrairement au racisme occidental qui considère les stades du développement progressif, nous considérons que la culture occidentale est raciste, entièrement, et en particulier la culture libérale-démocratique, car elle considère les différences comme un mouvement progressif, c’est-à-dire il y a quelqu’un qui est plus en retard et quelqu’un l’est moins, donc en appliquant une logique de progrès, on en arrive à la conclusion qu’il y a des sociétés plus développées et d’autres moins développées. Donc les sociétés moins développées sont tout de suite privées du droit de défendre leur vérité, elles sont considérées immatures, sous-développées, exclues, dans un certain sens, et même lorsqu’on veut les développer, c’est à travers la modernisation, donc on leur impose un pattern qui leur est étranger.

L’Atlantisme est un totalitarisme

L’Atlantisme est l’idéologie dominante des sociétés européennes actuelles, celle qui aura sans doute le plus d’influence sur le devenir de nos destinées communes et pourtant elle est de ces idéologies presque cachées dont on ne parle ouvertement que dans le cercle restreint du monde alternatif. Sont Atlantistes tous les collaborateurs européens de la vision hégémonique des États-Unis et de son idéologie propre qui répond au doux nom d’impérialisme. Autrement dit, l’Atlantisme est l’idéologie des exécutants serviles de l’idéologie impériale américaine ; elle lui est subordonnée et ne tire de sa soumission que les miettes de l’empire tombées à terre après le festin des empereurs.

C’est une idéologie mineure dans l’idéologie majeure. Elle est à la fois honteuse et conquérante : honteuse parce qu’elle ne joue jamais que les seconds rôles ; conquérante, parce qu’elle emprunte à son maître d’outre-atlantique ses visions hégémoniques délirantes et toutes ses caractéristiques totalitaires. C’est un totalitarisme dans le totalitarisme, une domination de dominés, un impérialisme de serfs et d’esclaves passés maîtres dans l’art de se soumettre. Parler de l’Atlantisme européen c’est parler du projet impérial américain et réciproquement. La seule chose qui les distingue est leur place dans la hiérarchie totalitaire : le premier n’est que l’émanation du second, ne se définit que par lui, se contente de l’imiter et lui obéit en tout ; il n’est, en revanche, son égal en rien.

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